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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 07:50
Le bleu des abeilles - Laura Alcoba

Le bleu des abeilles de Laura Alcoba
Editions Gallimard 2013
120 pages
Roman argentin

 

 

D'après ses souvenirs l'auteur raconte sa découverte de la France et de la langue française. Elle commence à prendre des cours de français à La Plata, en Argentine en attendant de rejoindre sa mère déjà installer à Paris. Son père quant à lui est en prison. C'est l'époque de la dictature, ses parents s'y sont opposés. En attendant donc son départ Laura vit chez ses grands-parents et s'entraîne à parler cette langue qu'elle a beaucoup de mal à prononcer.

Quand elle finit par partir, elle est bien déçue de ne pas se retrouver exactement à Paris mais plutôt au Blanc-Mesnil dans la banlieue.  Elle y découvre les saisons à l'envers, la décoration à la mode, l'école et se fait quelques amis. Elle correspond avec son père par de longues lettres.

Je garde sur cette lecture un avis mitigé. Même si j'entends que l'auteur a voulu donné au roman l'esprit d'une enfant de 11 ans, j'ai trouvé l'écriture parfois ennuyeuse à tourner en rond.

Par contre ses impressions sur son exil mais aussi sur son apprentissage de la langue française ne sont pas inintéressantes. Sur l'exil j'y ai trouvé de la pudeur et bien sur une certaine innocence justifiée par son âge. On y ressent toutefois un certain désarrois face aux autres mais aussi une envie très forte de s'intégrer dans sa nouvelle vie. Depuis ses efforts à prononcer des e muets, des u, puis dissimuler son accent jusqu'à réussir à parler français sans y réfléchir, illustrer par des scènes où elle se trouve plonger dans la culture française.

 

Un roman sans grande prétention mais qui n'est pas inintéressant sur le sujet de l'exil.

 

"De l'autre côté de la table, chaque fois qu'on en venait au reblochon, Eduardo me regardait avant de planter ses dents dans la pâte crémeuse. C'était comme si nous nous prenions par la main - nous en avions besoin pour sauter par-dessus la haie odorante. L'un en face de l'autre, nous nous encouragions du regards avant de dire au fromage : oui, nous sommes prêts, nous somme là, avec toi. Nous arrivions à ce point de plus en plus vite au fil des jours, avec de plus en plus d'entrain aussi : c'est que derrière l'odeur, la matière n'a rien à voir, après la senteur âpre qui saisit le nez, le goût dit autre chose. Reblochon avec son e presque éteint dans la première syllabe et la finale qui vient se placer pile poil sous le nez, le nom de ce fromage est parfait."

 

 


 

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commentaires

Philippe D 17/04/2014 21:40

Cette fois, j'ai peur de m'exprimer. Je file. LOL

Loo 03/06/2014 10:58

T'as raison, il y a des discussions qui ne valent pas la peine. Tu risquerai bien de te faire mordre. A bientôt.

keisha 18/03/2014 08:36

Laure Alcoba est aussi traductrice (voir Après l'orage)

Isabelle 18/03/2014 23:30

"Après l'orage" de Selva ALMADA, oui, excellent roman d'ailleurs, un huis-clos à quatre personnages d'une violence inouïe, psycholonfque d'abord, physique ensuite, dans laquelle le véritable orage commence... "après l'orage" justement. Je n'en dis pas davantage afin de vous laisser àtous l'envie de le découvrir. Mais Laura ALCOBA en a traduit d'autres, comme pour ne citer que deux exemples, "Les Travaux du Royaume" de Youri Herrera (que je n'ai pas encore lu), et aussi "un lieu nommé Oreille-De-Chien", de Iván Thays (pas encore lu non plus). Prolixe la grande dame!

Alex-Mot-à-Mots 17/03/2014 14:35

Après la Terre bleue comme une orange, voilà que les abeilles sont bleues elles aussi.

Alex-Mot-à-Mots 17/03/2014 19:15

Sympa cette Isabelle ! Ca fait toujours plaisir.

Isabelle 17/03/2014 14:58

Pour votre gouverne, la phrase exacte qui est à l'origine de ce titre, et que l'auteur cite d'ailleurs dans son livre, est: "Le bleu est la couleur préférée des abeilles". C'est une citation de Maurice Maeterlinck extraite de son essai sur la vie des abeilles. Il me semble qu'à ceux d'entre nous qui ne connaissent pas encore le livre, nous devons la politesse d'en donner une idée juste en nous mettant à l'écoute de ce que raconte réellement l'auteur plutôt que de lui faire dire tout autre chose...

Isabelle 16/03/2014 23:33

Pour remettre quelque peu les choses en perspective, il convient tout de
même de rappeler ce que dit Laura ALCOBA dans tous les entretiens qu'elle a
donnés à la suite de la publication de ce roman. La narratrice s'y exprime
avec la voix de la petite fille que l'auteur, traductrice et professeur
d'université en plus d'être écrivain, a depuis longtemps cessé d'être! La
finalité de ce roman n'est donc pas de se raconter comme pourrait le faire
penser l'assimilation que vous faites entre l'auteur et son personnage
principal qui n'est sommme toute qu'une forme revisitée de la petite fille
qu'elle a été. Je peux comprendre par ailleurs que vous n'ayez pas été
sensible au charme de ce roman que Laura ALCOBA a précisément voulu bref
afin d'éviter de tomber dans le piège où vous semblez l'accuser d'avoir
chuté, celui de devenir "ennuyeuse à tourner en rond" (sic votre billet). Je
ne vous cache pas que je trouve cette opinion curieuse; je n'en veux pour
preuve que ce constat: depuis fin août 2013 que ce livre est sorti, votre
article (et j'en ai lu plusieurs), est bien le seul à reprocher à Laura
ALCOBA de n'avoir pas su éviter cet écueil. Je vous concède que l'unanimité
(ou quasi telle) n'est pas un critère de vérité, mais enfin ce fait n'est
pas totalement dénué de sens quand même... Quant à l'innocence avec laquelle
vous dites qu'elle traite le thème de l'exil, l'idée que vous vous en faites
ne tient pas compte de ce que fut le premier roman de Laura ALCOBA,
"Manèges, petite histoire argentine", roman qui met en scène la même petite
fille quelques années auparavant, dans la période qui précède et suit
imédiatement le coup d'état militaire de mars 1976 en Argentine. Un père
prisonnier politique, une mère qui vit dans la clandestinité et qui a même
dû changer d'apparence physique parce qu'elle est recherchée, une maison où
un élevage de lapins tient lieu de "couverture" à une imprimerie
clandestine, et j'en passe... avez-vous lu ce roman où l'on constate que
l'innocence de la petite fille est sérieusement mise à mal par la mort qui
rôde, la peur constante des adultes, le moindre mot à dire ou à ne pas dire,
auto-surveillance de tous les instants... Enfin, pour revenir au "bleu des
abeilles", avez-vous observé que d'autres fils conducteurs parcourent ce
roman: il s'y trouve par exemple beaucoup de premières fois... et surtout,
le thème de la différence y est abordé sous différents angles (je ne sache
pas qu'il y en ait tant dans quelque chose qui tourne en rond), par le biais
de personnages d'enfants qui, chacun, doivent faire face à ce qui les
distingue des autres: ceux de Claparède et leur handicap (voir l'histoire
d'Antoine), Luis dont on se raille parce qu'il passe pour avoir davantage
l'alure d'une fille que d'un garçon, Dalila qui craint tant de mourir
d'avoir mangé "du rab", Nadine et son cheveu sur la langue (qu'elle se
rassure la petite, j'en traîne un depuis l'enfance moi aussi...). Dans ce
contexte, la petite héroïne que recrée Laura ALCOBA à partir de son matériau
auto-biographique, en sélectionnant des anecdotes en vue de servir son
sujet, ne se pose pas comme se croyant au-dessus des autres enfants dont
elle fait peu à peu la connaissance. Autant de richesses à côté desquelles
il semble que vous soyez un peu passé alors même que Laura ALCOBA affirme
son admiration pour les auteurs qui disent tout en peu de mots. En
l'occurrence j'avoue que ce n'est pas mon cas, je vous ai fait l'affront de
commettre un commentaire plus long que votre billet lui-même, ce que je me
fais une joie de reconnaître avant même que le reproche m'en soit fait.
Puisse une saine relecture de cet adorable petit roman vous donner
l'occasion de le voir sous un nouveau jour. En posant la plume j'en forme le
voeu.

Isabelle 20/03/2014 00:03

Bonsoir,
Il ne semble pas que j'aie fait fuir beaucoup de monde puisque vous dites au contraire que je fais augmenter le nombre de vos visiteurs. Outre que cela prouve que la vie est un jeu très amusant aussi bien dans le virtuel que dans le monde concret, je serais ravie, en tant que simple lectrice, que le taux de conversion de vos nouveaux visiteurs en lecteurs de Laura ALCOBA soit satisfaisant. Cela aurait le mérite de prouver que je ne lui fais pas de tort. Avant d'accéder à votre désir exprimé en termes choisis de me voir aller me "défouler ailleurs" (sic), je tenais seulement à vous dire qu'aussi longtemps que vous me faites l'honneur de vous adresser à moi, je n'ai aucune espèce deraison de vous faire l'impolitesse de ne pas vous répondre. Alors oui, je le fais pour me réjouir sincèrement de vous avoir apporté quelques visites supplémentaires par mes modestes interventions de ces derniers jours. Rien n'arrive pour rien, et je vous souhaite à mon tour bonne continuation dans un espace où je n'ai effectivement pas compris par quel tour de passe-passe vous laissez aux lecteurs le plaisir de lire un ouvrage dont vous dites, et cette perception est la vôtre, qu'il "tourne en rond" (re-sic). La bonne humeur fait ici bon ménage avec la contre-publicité qui n'en dit pas trop "afin de laisser le plaisir...", voilà qui procède en effet d'une démarche dont les tenants et aboutissants m'échappent en partie, aussi je pense que vous n'avez pas tout à fait tort de me montrer aussi aimablement que vous le faites le chemin de la porte de sortie. Bonnes lectures à venir.

Loo 19/03/2014 23:15

Au moins une chose est sure, Laura Alcaba a auprès d'elle une personne prête à tout pour défendre ses livres. Un point positif.
Donc à mon tour de parler pour également un peu recadrer vos dires car il ne me semble pas que vous ayez également tout bien saisi.
Déjà, sachez que vous êtes ici sur un blog d'une lectrice qui pour des raisons toutes personnelles y met ses impressions de lectures et non des jugements sur les livres ni les auteurs. Il ne s'agit donc pas d'un blog de critique littéraire. Nuances.

Puisque vous avez eu la gentillesse et pris beaucoup de temps pour me donner quelques conseils, je me permet également de vous en donner quelques uns, pour votre gouverne :

Avant d'exprimer directement des reproches, on prend le temps d'arriver, éventuellement de se présenter. Si vous n'avez pas été capable de faire passer votre commentaire vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous même.
Quand on n'est pas d'accord, rien n'empêche de garder un ton poli. Est-il vraiment nécessaire de se mettre dans cet état ?
D'autres personnes (personnes concernées par le sujet, auteur...) sont déjà passées pour apporter quelque précision ou souligner une erreur. Elles l'ont toutes fait avec tact. Visiblement ce point vous fait défaut.
Il vous a semblé nécessaire de me raconter l'histoire. Vous ne m'avez absolument rien appris. En fait lorsque je fais mes billets j'évite toujours de trop en dire pour laisser le plaisir aux autres de découvrir le livre.
Qu'elle erreur de votre part.
Je passerai sur tous les détails de l'interprétation que vous avez fait de mon ressenti ainsi que le mépris que vous étaler. Je n'ai pas envie de me donner cette peine pour vous.
Je trouve en tous cas dommage vis à vis de l'auteur et de son livre que vous ayez un tel comportement. Car je peux vous assurer que vous ne donnez absolument envie.

Pour terminer, je tiens aussi à préciser que ce blog est un petit espace tranquille où la courtoisie et la bonne humeur sont de mises, alors merci d'aller vous défouler ailleurs et d'éviter de faire fuir tout le monde. Si vous ne le faites pas pour moi faites le au moins pour Laura Alcoba.
Ceci dit je tiens tout de même à vous remercier pour votre passage qui a fait monter en flèche mes visites. Deuxième point positif.

Au plaisir et bon vent !

A_girl_from_earth 16/03/2014 22:13

Je le lirais bien pour les thématiques de l'apprentissage de la langue et de l'exil. Ça m'a l'air intéressant dans l'ensemble, même s'il ne faut donc pas que je m'attende au coup de coeur.
Je file terminer mon billez sur Lz !^^

A_girl_from_earth 18/03/2014 23:14

J'aimerais à mon tour essayer de vous ouvrir les yeux, Isabelle, en vous disant que vous desservez les intérêts de Laura ALCOBA en vous y prenant ainsi (si je puis me permettre). Défendre un livre qu'on a aimé, ça se conçoit, mais il y a l'art et la manière, et le b.a.-ba, c'est d'éviter 1) de sous-entendre que toute personne passant à côté de ce livre serait un imbécile et 2) un surenthousiasme suspect (bien qu'argumenté) - moi ça me donne l'impression qu'on essaie à tout prix de me vendre un livre, et ça m'énerve d'office.
J'étais tentée par ce roman suite à l'avis de Loo (qui, somme toute, n'est pas si négatif, à part ce bémol sur son ressenti du style), un avis personnel d'une lectrice qui n'essaie ni d'imposer sa vision du livre, ni ses impressions de lecture, mais qui en dit assez pour intriguer et donner envie de se forger sa propre opinion. Votre intervention pédante et votre ton condescendant, en revanche, m'ont quelque peu refroidie... Les échanges constructifs, oui, les reproches et prises de tête, non!

Isabelle 17/03/2014 00:59

Et pourtant il se pourrait bien que vous soyez enchantée par cette simplicité touchante et attachante où tant de choses sont suggérées, à hauteur d'enfant, plus encore que dites... Bien sûr cela dépend du genre de littérature que vous aimez lire mais je ne crois pas prendre trop de risques en osant affirmer que, coup de cœur ou pas, vous ne le regretterez pas. Bonne découverte!

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