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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 05:00

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 Trop de chance d'Hélène Vignal

 Editions du Rouergue - 2007

 92 pages

 

 

 

 C'est drôle comme la façon de choisir un livre joue sur l'appréciation que l'on a en le lisant. Il y a ceux qu'on lit parce qu'il nous a été fortement recommandé. On n'en sait pas plus et c'est effectivement une belle découverte. Il y a ceux dont on entend beaucoup parler, que l'on veut lire aussi mais que l'on l'apprécie pas tant que ça. Il y a ceux qui sont choisis au petit bonheur la chance. Trop de chance en fait partie en ce qui me concerne.

Mon temps passé à la bibliothèque étant déjà dépassé, il me restait 10 secondes pour choisir une lecture pour ados.

Parmi tous les choix, j'ai choisi ce petit oiseau (allez savoir pourquoi)  avec ce titre qui me semblaient être assez optimistes. Comme il n'était pas trop épais ça m'allait bien puisque j'avais déjà quelques kilos de livres à ramener à la maison.

Une fois commencée la lecture, je continuais à apprécier mon choix. La narratrice est une petite fille de 10 ans environs et pleine d'humour. Un humour d'enfant mais qui m'a bien fait rire dans le premier paragraphe.

 

Seulement voilà, quelque chose commençait à m'intriguer. Le coup des cerises ! Comment cette petite fille qui n'arrête pas de dire depuis le début qu'elle a beaucoup de chance peut se considérer chanceuse de savoir cueillir les cerises sans en manger une seule ?

Normalement à cet âge (et même aux autres) il est impossible de cueillir des cerises sans en manger une (sauf allergie peut-être). Cette petite fille qui n'est pas comme les gens ordinaires sait faire beaucoup d'autres choses encore. Elle sait faire le café pour 100 personnes et beaucoup d'autres choses sans parler ni poser de question.

C'est sur que lorsque l'on est une personne pas ordinaire on arrive à faire toutes ces choses sans problème. Et puis personne nous y oblige puisque c'est nous qui avons choisi. Nous avons toujours le choix. Même sa maman lui a dit que c'est elle-même qui a choisi de naître dans cette famille. Cette famille qui a pour maître Maurice Lepoivre et qui s'est installée avec beaucoup d'autres familles près de la grande maison de ce maître où tous les jours ils réalisent "un travail sur eux". 

 

C'est bien d'une secte dont la narratrice parle mais elle ne le sait pas. Et elle nous raconte inlassablement ce qui s'y passe avec ses yeux et l'innocence d'une enfant avec un refrain qui revient tout le temps "j'ai de la chance". En tant qu'adulte on en comprend bien d'avantage mais ce regard qu'elle porte est très bien retranscrit par l'auteure qui se met vraiment dans la peau d'une enfant.


Je me suis beaucoup remuée sur mon siège pendant la lecture pour la répugnace qu'elle me donnait de certaines descriptions naïves mais suffisament parlantes pour un adulte.

Ce Monsieur Lepoivre dont tous les désirs sont comblés et dont le souhait de la narratrice est de pouvoir un jour prochain être choisie elle aussi pour combler ses désirs. Sa soeur a plus de chance, elle est très jolie et est souvent demandée par Monsieur Lepoivre. Personne ne pose de questions, ça ne se fait pas. Personne se montre désagréable, ça ne se fait pas. Il faut toujours faire la tête qu'on fait quand tout va bien.


Évidemment comme la narratrice n'est pas idiote, elle se pose bien des questions ou les posent aux adultes. Elle n'est pas la seule d'ailleurs car d'autres enfants le font quand arrive l'adolescence.

Elle remet un peu sa vie en question et se demande si elle n'aurait pas eu plus de chance si elle était née dans une famille plus ordinaire. Et puis est-ce normal que sa mère ignore sa soeur sur le bord de la route quand elle conduit en voiture Monsieur Lepoivre ? Est-ce normal qu'elle reste seule si longtemps pendant que ces parents "travaillent sur eux" dans la grande maison ?


L'avant dernier paragraphe pourrait faire croire à un revirement de situation par ces belles scènes de vacances à la mer avec toute la famille, le rire de sa mère, les bons repas et les rigolades. Mais ce n'est qu'une escapade et il faut retourner près de la grande maison. Il y à la fin du livre une impression que la narratrice à parcouru un bon bout de chemin et qu'elle arrive à une intersection. Elle ne sait pas quel chemin elle doit choisir alors elle appelle au secours. Évidemment ce n'est qu'une impression personnelle.

 

Voilà donc un livre que je suis contente d'avoir lu car le simple mot secte m'aurait fait passer mon chemin. Effectivement j'avais vu les barreaux de la cage mais sans en donner plus d'importance.

Je suis contente de cette lecture pour ados car non seulement l'approche du sujet m'a semblé bien abordé et puis ça fait de ce livre un moyen de partage avec les plus jeunes avec qui certains sujets ne sont pas toujours faciles à aborder autant de la part des ados que des adultes. Un livre peut donc servir de lien pour commencer le dialogue. Un livre qui est aussi certainement adressé aux adultes.

 

Extraits :

 

"Les grandes personnes là-bas, elles sont tellement concentrées sur les trucs que leur apprend Maurice Lepoivre qu'elles n'ont jamais le temps de rigoler ou de se parler".

 

"Tout ça, disent mes parents d'un air un peu désolé, il vaut mieux ne pas le dire aux autres, dans le village et dans les autres villages autour non plus. Ils ne comprendraient pas, parce qu'ils sont un peu endormis. Pas endormis comme le contraire de réveillés, endormis comme le contraire de d'intelligents. Ils ne sont pas forcément méchants, les autres, mais ils ne sont pas du tout au courant des trucs que connaît Maurice Lepoivre et ils ne lisent jamais les livres du vieux Russe. Mes parents disent que les autres, ce sont des gens ordinaires. Nous, on a de la chance de connaître Maurice Lepoivre parce qu'il nous évite d'être des gens ordinaires comme ceux qui vont à l'Embuscade, à la chasse, ou qui se battent aux autos tamponneuses. On a beaucoup de chance".

 

Message qui se lit avant l'histoire :

 

A Anne.

 

A ceux des oisillons du Tremblay qui,

bien qu'ayant perdu pas mal de plumes,

un : ne sont pas devenus des vautours,

deux : ont gardé assez de duvet pour survivre

et couver à leur tour,

ce qui tend à prouver que les ogres

ne font pas tout à fait ce qu'ils veulent

de la chair fraîche qui s'égare chez eux.

Et toc !

 


Prochain livre que je lirai de l'auteure :

 

La fille sur la rive

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Published by unepauselivre - dans Jeunesse
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commentaires

Sharon 13/03/2012 14:41


J'aime les livres de littérature jeunesse qui abordent des sujets courageux. Je note.

unepauselivre 14/03/2012 21:14



Il est d'ailleurs bien abordé et ne manque pas d'humour tout de même.



Gwenaëlle 01/03/2012 21:30


Une lecture jeunesse qui a de grandes chances de me plaire. Je note l'auteur. 

unepauselivre 02/03/2012 13:09



Et bien tant mieux si elle peut te plaire. Moi j'ai bien aimé.



Céline72 29/02/2012 07:02


Voilà un livre que je note dans ma LAL surtout que ma bibliothèque le possède


Bonne journée !

unepauselivre 29/02/2012 12:39



Il est grinçant mais j'ai bien aimé sa lecture.



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