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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 05:44
La recette magique de tante Palma - Francisco Azevedo
La recette magique de tante Palma - Francisco Azevedo

La recette magique de tante Palma
Editions autrement 2014
422 pages

Roman
Traduit du portugais (Brésil) par Daniel Matias

Masse Critique Babélio





 

 

Antonio, le narrateur âgé de 88 ans nous livre ses souvenirs de famille. Une famille comme beaucoup d'autres avec ses peines, ses joies, ses jalousies, ses ponts coupés et reconstruits, ses problèmes, ses mariages et tout ce que chacun peut transmettre aux autres et notamment aux plus jeunes. Mais ce qui en fait l'originalité de cette famille est le riz béni qui a été offert en cadeau de mariage au parent d'Antonio par la tante Palma, omniprésente dans la famille. Un riz qui a le don d'apporter le bonheur et la fertilité.

Pour Antonio, la famille est un plat difficile à préparer, un plat qui émeut, qui doit être servi toujours chaud, qui s'invente, ne se répète plus jamais. Une entrée en matière qui m'a plutôt bluffée tant les similitudes avec une vrai recette de cuisine sont aussi justes.

"La famille est un plat difficile à préparer. Il y a beaucoup d'ingrédients. Les réunir tous est un problème - surtout à Noël et au nouvel an. Peu importe la marmite, concocter une famille exige courage, dévotion et patience."

"Très vite, vous aussi vous sentirez bon l'ail et l'oignon. N'ayez pas honte si vous pleurez. La famille est un plat qui émeut. De joie, de rage ou de tristesse."

"Attention également aux dosages. Une pincée de trop de ceci ou de cela et ça y est, c'est le désastre. La famille est un plat extrêmement sensible. Tout doit être extrèmement bien pesé, bien mesuré. Autre chose : il faut avoir la main heureuse, se montrer expert. Surtout au moment où l'on décide de mettre son grain de sel. Savoir mettre son grain de sel est tout un art. Une de mes grandes amies a raté la recette familiale uniquement parce qu'elle a mis son grain de sel au mauvais moment".

Antonio est d'origine portugaise mais ses parents se sont exilés au Brésil au tout début du XXe siècle juste après leur mariage dans l'espoir d'une vie meilleure. La tante Palma est du voyage et sera la tante qui sert de liant dans la famille, un personnage souvent principal. Elle saura aussi proposer le riz à certains moments importants afin que la famille obtienne le bonheur et la fertilité qu'il est censer apporter. Antonio sera l'héritier de ce riz dont tante Palma lui assure qu'il saura l'utiliser comme il se doit au bon moment.

L'histoire qui se déroule sur une centaine d'années livre beaucoup d'anectodes avec des personnages très attachants. Sans rentrer dans les détails tout ce qu'une famille est susceptible de vivre s'y trouve. Antonio semble avoir su utiliser de bons ingrédients et le bon dosage.

Un vrai régal de lecture qui laisse un grand vide une fois finie.

Je la recommande vivement.

 

L'avis d'Hélène

 

 


 

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 04:00
Les morts perdent toujours leurs chaussures - Raul Argemi

Les morts perdent toujours leurs chaussures de Raul Argemi
Editions Rivages/Noir 2007 (2002)
330 pages
Roman policier
Traduit de l'Agentin par Jean-François Gérault

 

 

 

Un roman policier qui a des allures de western. La même écriture et la façon de raconter son histoire parsemée de grains de folie, d'humour et sans aucun relâchement dans le rythme.

Le côté western je l'ai trouvé dans le déroulement de l'histoire. Une affaire louche, un mort, deux amis qui veulent se venger et aidés par de vieilles connaissances partent affronter un ennemi quasiment intouchable.

Le mort est un journaliste qui après avoir été témoin d'une fusillade entre policiers et truands décide de mener son enquête. Mais a peine l'a-t-il commencée qu'il est retrouvé au fond d'un ravin. Ses collègues et amis Juan et Alejandro persuadés qu'il s'agit plus d'un crime que d'un accident prennent le relai et sont bien décidés à le venger.

Il se retrouvent sur la piste d'une corruption où sont mélés truands, police et gouverneur. Des morts, il y en aura beaucoup d'autres, quelques fois dans des conditions sournoises, dans d'autres cas dans de grandes attaques où l'action est assez impressionnante (d'où mon avis sur le côté western justement).

Juan ancien guerriero fait appel à ses anciens potes pour lui donner un coup de main. Et il sera servi. Il s'assurera tout le temps de préserver Alejandro qui n'est qu'un gamin à ses yeux. Les personnages et surtout Juan qui est davantage décrit sont plutôt attanchants. Et puis l'humour voire le burlesque quelques fois, les pauses réconfortantes qui leur sont accordées dans cette aventure à perdre haleine font de ce roman une lecture plus qu'agréable. Et même si Patagonia Tchou Tchou reste mon préféré, celui-ci n'ai vraiment pas loin derrière.

 


 

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 04:00
Patagonia Tchou-Tchou - Raul Argemi
Patagonia Tchou-Tchou - Raul Argemi

Patagonia Tchou-Tchou de Raul Argemi
Editions Rivages/Noir 2010 (2005)
260 pages
Roman Argentine

 

 

En route pour un voyage assez pittoresque dans la fameuse Trochita qui parcourt la Patagonie sur 400 km. Nous sommes là accompagné des deux héros du jour Butch Cassidy et Juan Batista Bairoletto ancien marin et ancien conducteur de métro. Leur but consiste à délivrer le frère de Butch, prisonnier, pendant son transfert.

Tout est prévu. D'ailleurs Butch est en possession du livre de son grand-père célèbre pilleur de banques qu'il consulte comme une bible. Pour cela il vont être amené à prendre en otages les voyageurs composés d'allemands antimondialistes, d'un commissaire, d'un couple de paysans, d'une indienne mapuche enceinte et aussi de l'équipage.

On ne sait pas bien d'où sortent ces deux héros, on ne connaîtra que très peu de choses de leur vie. Armés de témérité ils se lancent dans cette aventure où finalement rien ne va se passer comme prévu.

Le frère de Buch, solide gaillard semble avoir perdu son âme. Les otages quant à eux adoptent rapidement leurs ravisseurs ce qui changent radicalement les plans. L'aventure tourne parfois au burlesque et de surprise en surprise Butch et Bairoletto vont vivre avec tout l'équipage des moments aussi drôles qu'émouvants ou surprenant.

Ils seront amenés à rencontrer lors de leur périple un sénateur en campagne qui apportera lui aussi son piquant à l'histoire. Une partie de foot avec une pomme de pin mettant en rivalité l'Argentine contre le Reste du monde ainsi que des liens un peu plus intimes dans la promiscuité apporteront des moments de fraternité, de camaraderie, de tension, de tendresse et d'acrobaties.

De l'humour il y en a mais sous un air de sans vouloir le faire exprés. Il y a aussi des moments beaucoup moins drôle avec en arrière plan un certain témoignage de la société argentine emportée dans la mondialisation avec un zeste de nostalgie.

Une lecture agréable et généreuse qui vaut son pesant d'or.

 

Extrait :

"Accroché aux reords du réservoir, Genaro Manteiga se demandait s'il verrait défiler sa vie comme dans un film quand il perdrait pied et se casserait la figure sur le bas-côté. Peut-être ne la verrait-il pas dans son intégralité - à son avis ce serait d'un ennui mortel -, mais il y aurait au moins une demi-douzaine d'épisodes, depuis le jour où ses hurlements avaient concrétisé l'union enthousiaste d'un Galicien et d'une Napolitaine ue les alés de l'immigration avaient rapprochés. La casquette ien enfoncée à cause du vent, il se dit pour se consoler que, peut-être, avec du temps, il pourrait en tirer quelque chose ; il en doutait toutefois beaucoup."

"Butch Cassidy piqua un petit sprint, croisa la trajectoire de Pascualini et remporta la pomme de pin. Ensuite il essaya une passe vers l'Allemand le plus près de lui, mais elle aboutit n'importe où, parce que la balle improvisée avait ses propres idées sur la question."


 

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 01:00

 

L'herbe verte, l'eau vive

L'herbe verte, l'eau vive de Thomas King
Editions Albin Michel Terres d'Amérique 2005 (1993)

137 pages
Traduit de l'anglais par Hugues Leroy
Rencontre de l'auteur au Festival America en 2012
Roman

 

Il y a au départ différents personnages. Alberta et ses deux amants, son souhait d'avoir un enfant mais sans mariage. Charlie, avocat, très fier de sa réussite sociale et qui ne loupe pas l'occasion pour le rappeler à son entourage. Lionel, plutôt réservé ne sachant pas toujours comment s'y prendre, vendeur de télévisions. Latisha la soeur de Lionel qui tient le Dead Dog Café où se retrouvent des cars de touristes curieux d'y manger du chien à toutes les sauces. Et puis Eli leur oncle installé près d'un barrage pour combattre à sa façon la mise en route de ce dernier.

Leur vie vont s'entrecroiser en y rajoutant au fur et à mesure d'autres personnages, qu'ils fassent partis du présent ou bien de leur passé. Mais les plus surprenant seront quatre vieux Indiens (d'Amérique) sortis on ne sait d'où et apportant à cette histoire une tournure de conte. S'y rajoute l'histoire commune des personnages principaux puisqu'ils sont d'origine indienne. Mais cette histoire avec les traditions ne semble pas toujours être leur point de repère.

Bien que la fin m'ait laissée un peu perplexe j'ai beaucoup apprécié l'écriture de Thomas King, sa façon de nous transporter où il le veut. Et malgré la confusion de toutes les histoires, le côté abstrait des quatre indiens, l'auteur semble très bien savoir où il va.

 

 

 

 

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 04:00

Les-oreilles-du-loup-copie-1.jpg Les oreilles du loup d'Antonio Ungar

Editions Points 2008

145 pages

roman

traduit de l'espagnon colombien par Robert Amutio

 

 

 

Livre lu dans le cadre du challenge Animaux du Monde organisé par Sharon du blog Les livres de Sharon Animaux du monde

 

 

 

 

 

 

Courir dans la savane, grimper aux arbres, se prendre pour un tigre, un monde moitié réel moitié imaginaire d'un enfant, depuis ces trois ans jusqu'à environ six ans, dont les parents viennent de se séparer. Il a sa façon d'appréhender le monde, ne comprend pas toujours très bien celui des adultes et à un peu du mal à se lier avec les enfants de son âge.

 

L'histoire c'est lui qui la raconte. On ne connaîtra jamais son prénom ni celui de ses parents, ni de sa soeur, ni de personne. Il ne me semble pas me tromper en disant qu'il n'y a même pas un seul dialogue dans ce roman. Tout est raconté sans savoir vraiment où l'on est, à quel moment, ni où l'on va. Seul des indications comme la maison, la ville du froid, Rio Magdalema, les Llanos Orientales, Tierra Adentro, Panama sont données. Encore un livre que j'ai choisi pour sa couverture et aussi pour la petite note en bas qui nous nous signale "Un petit miracle littéraire". Même la 4e de couverture ne donnait qu'un extrait, j'ai d'ailleurs même cru que son père mourrait car il en parle comme un fantôme, avant d'en trouver une autre plus parlante.

 

C'est donc avec un mélange de réel et d'imaginaire, sans pouvoir toujours réussir à faire la part des choses, que l'on suit cette nouvelle vie pour ce petit garçon. Les chapitres sont assez irréguliers dans leur longueur mais deux parties distinctes racontent Les jours sombres puis Les jours clairs.

 

Pas facile pour ce petit bonhomme de se retrouver dans tout ce désordre. Sa mère qui est son repaire et son réconfort ne semble pas allée bien mieux.

Le temps, les distances, les gens, les situations semblent parfois complètement déformés dans les descriptions qu'il en fait. Dans ces moments là il n'hésite d'ailleurs pas à se réfugier dans son univers si particulier pour trouver le courage ou se donner une distance avec son entourage. Les relations avec sa soeur plus jeune sont décrites de façon assez originales. Ils ne semblent ne jamais se parler, ou bien les mots semblent ne pas avoir beaucoup d'importance entre eux, pourtant ils communiquent beaucoup à leur façon.

Tout est chamboulé, son univers de liberté s'écroule, il doit partir, repartir et encore partir. Les adultes qu'il va rencontrer ou retrouver vont être pour lui source de réconfort ou bien au contraire source de perturbation. Il voit finalement sa mère retrouver le sourire et sa joie de vivre et tout semble petit à petit reprendre forme. Et puis il a grandi, sa perception a évolué.

 

Une lecture qui demande d'accepter ce regard particulier mais aussi le passage sans frontière de la réalité au rêve. Ce regard d'enfant ne m'a pas paru sonné faux même si quelques fois on devine l'écriture d'un adulte. Le démarrage de la lecture n'a pas été facile en ce qui me concerne car il n'y a eu aucune préparation sur cette univers particulier. Ce n'est pas une histoire triste, c'est une histoire d'un enfant dans une période plutôt chaotique de sa vie racontée par lui même. En tout cas le style et l'écriture poétique m'a fait passer un bon moment de lecture que je vous recommande.

 

 

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Published by unepauselivre - dans Roman Amérique du Sud
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