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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 03:00

 

Dans-les-veines-ce-fleuve-d-argent.jpg Dans les veines ce fleuve d'argent de Dario Franceschini

Editions Folio - 2006

144 pages

Traduit de l'italien par Chantal Moiroud

roman

 

 

Livre lu dans le cadre du challenge Il Vaggio organisé par Nathalie du blog Mark et MarcelChallenge il viaggio

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est un roman en apparence tranquille mais où une multite de petites histoires autour d'un fleuve y sont racontées. Je n'irai pas jusqu'à dire que le fleuve est le personnage principal mais il tient une place très importante.


Primo le personnage principal décide presque sur un coup de tête d'entreprendre un voyage pour retrouver un ami qu'il n'a pas vu depuis quarante ans. Ce dernier lui avait posé une question à laquelle il n'avait pas su répondre. Le voyage va être lent et principalement le long du Pô qui sera le décor principal de ce roman. Il va falloir attendre la fin pour connaître cette fameuse réponse, 

 

 Les gens qu'il rencontre sur son chemin expriment leur attanchement au fleuve puisqu'il est toute leur vie. On y pêche l'esturgeon, on y vient pour nager, se rafraîchir, y travailler, se rencontrer, s'aimer, laver son linge, s'y noyer, lutter contre lui pour éviter l'inondation.

 

Le voyage entreprit par Primo lui fait prendre toutes sortes de moyens de transports, le train, la charette tirée par un cheval, le vélo, une barge pour traverser le fleuve etc. Et par ce biais le rythme est donné au roman avec lequel on traverse différents paysages et donnent le temps de toutes les rencontres.


Il ne s'agit pas d'un simple récit de voyage mais plutôt une sorte de retour aux sources pour Primo ponctué de rencontres et d'un certain regard vis à vis des autres. Il y a aussi de la magie et de la poêsie. Et les pensées de Primo le conduisent vers ses souvenirs où il s'arrête quelques fois pour nous en livrer un  morceau. Et puis les personnes qu'il va rencontrer, qui feront un bout de chemin avec lui vont eux aussi lui raconter des histoires. Il s'agit parfois d'histoires vraies, parfois de légendes et tous les sentiments y sont ressentis.

 

L'écriture est belle et permet de passer d'une scène à une autre de façon très fluide et j'ai beaucoup aimé le côté mélancolique du texte. Je me suis laissée bercée par le texte jusqu'à la fin où un sentiment de panique m'a envahie.

 

Extraits :

 

"Il avait toujours confondu le silence avec le froid. Pendant les nuits moites d'été il regardait les lèvres de Marie qui bougeaient, sans un bruit, au rythme des mots de son livre, et il commençait à trembler sous les draps rêches de coton blanc."

 

"Il lui arrivait souvent de glisser dans des rêves qui ne lui appartenaient pas. Lorsque cela se produisait, les personnages de ses rêves s'arrêtaient un peu, surpris, comme lorsqu'un étranger traverse le plateau d'un film en cours de tournage, certains faisaient même un petit signe de salut de la tête. Il se rappelait notamment une vieille femme, dans une rue lumineuse d'un village en pente : elle mangeait sur une table à côté de la porte de sa maison du pain trempé dans une assiette de soupe. En la voyant, elle s'était figée, sa cuiller en l'air, et avait ébauché un sourire en murmurant : ... mais vous n'êtes pas mon fils.

Il se demandait chaque fois à qui appartenaient ces rêves rencontrés par erreur et il était toujours ennuyé, songeant que peut-être quelqu'un errait dans les siens sans les comprendre."

 

"- D'ailleurs c'est un cheval du fleuve et il a travaillé trop longtemps dans des campagnes lointaines. Depuis qu'il est revenu, il ne pense qu'à mourir dans son eau. Je le comprends. Nous la regardons chaque matin, nous la buvons, elle nous fait vivre, nous en rêvons la nuit. Notre monde est ici, entre les digues, et c'est là que nous voulons mourir. En dehors, c'est la terre des autres.

Il se tourna vers Primo et dit en riant :

-Ne faites pas attention, nous les gens du fleuve, nous sommes bizarres. Et vous, d'où venez-vous ?

Primo plongea dans le regard noir et sans fond du cheval.

-Moi aussi je suis du fleuve, dit-il. De Cantarana."

 

 

 Pour voir l'avis de Leiloona du blog Bricabook

 


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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 05:00

La douceur des hommes

 La douceur des hommes de Simonetta Greggio

   Editions Le Livre de Poche

  153 pages

  roman italien

 

 

Livre lu dans le cadre du challenge Il Viaggo organisé par Nathalie du blog Chez Mark et Marcel

Challenge il viaggio

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il s'en ai fallu de peu que je passe complètement à côté de ce livre. La quatrième de couverture me laissait à penser que c'était l'histoire d'une femme qui aimait la vie, les hommes. Une histoire que je m'imaginais tumultueuse, pleine de fantaisie, de dynamisme et de bonheur. C'était vrai et pas vrai à la fois.

 

Et si j'ai bien failli abandonner la lecture quelques fois je suis bien contente d'avoir poursuivi jusqu'à la fin où j'ai pu mieux comprendre et apprécier la tournure des événements.

 

Bref ! s'il y a bien des histoires d'amour dans ce livre c'est la rencontre de ces deux femmes qui va être le centre de l'histoire. Fosca est une vieille dame, elle arrive au bout de sa vie mais reste animée par une éternelle jeunesse. La deuxième c'est Constance qui est d'ailleurs la narratrice. Elle a la trentaine, d'un esprit assez indépendant, sans attache et bien moins enthousiaste que Fosca.

Leur rencontre ne m'avait pas parue bien claire au départ car tout n'y est pas vraiment expliqué. Mais depuis un lien semble les unir et les dernières années que va vivre Fosca, Constance sera à ses côté.

 

Lorsque l'histoire démarre Fosca est déjà morte. Constance retrace alors leur derniers moments en chemin pour un voyage en Italie. Elle raconte les confidences de Fosca sur sa vie, ses amours, ses amis, ses déboires et ses désenchantements. En même temps il y a le voyage qu'elle raconte également avec la santé de Fosca qui décline, les personnes qu'elles rencontrent, les endroits où elles s'arrêtent, et les tracas qu'elles subissent. Tout paraît quelques fois un peu en désordre et sans but précis. Les passages impudiques m'ont parfois surpris.

 

On ressent à travers tous ces mots une envie de faire partager, de transmettre quelque chose de la part de Fosca. On ressent également cette différence de tempérament qui différencie les deux femmes mais les rapproche tout à la fois.

 

Mais Fosca n'aura pas le temps de tout révéler à Constance. Elle lui laisse le soin de le faire par elle-même à travers un courrier qui la conduit à lire les lettres que Fosca à conserver depuis de nombreuses années. Les révélations seront alors pour Constance une porte ouverte sur l'avenir. En tout cas c'est comme cela que je l'ai ressenti.

 

J'ai trouvé cette histoire comme une belle leçon de vie et un bel élan vers le bonheur. Chose que Fosca cherchait à transmettre à Constance.

 

 

 

L'avis de Tasha

 

 

 

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 05:00

Le-mystere-de-roccapendente.jpg Le mystère de Roccapendente de Marco Malvaldi

Editions Christian Bourgeois

196 pages + quelques pages de recettes

traduit de l'italien par Lise Chapuis

policier

 

 

 

Livre lu dans le cadre du challenge Il Viaggio organisé par Nathalie du blog Mark et Marcel

Challenge il viaggio

 

 

 

 

 

 

 

Un policier qui se déroule en Toscane, je ne pouvais pas passer à côté. Pourtant on ne profite pas beaucoup du paysage car toute l'histoire se déroule dans le domaine du baron Bonaiuti di Roccapendente. En contre partie il question d'art culinaire du début à la fin.

 

C'est un policier qui ressemble beaucoup aux classiques. Il n'y a pas beaucoup d'action mais j'ai trouvé l'intrigue assez bien amenée même si quelques fois j'y ai trouvé quelques longueurs.

 

Au-delà du meurtre et de l'enquête qui se met en place, c'est le style de l'auteur qui m'a beaucoup séduit. On se retrouve à la fin du 19ème siècle, où ressort les sujets tels que l'unité italienne qui n'est pas très ancienne, des relations maîtres/serviteurs. L'auteur semble prendre beaucoup de plaisir à mélanger les styles littéraires où parfois il nous semble lire des passages correspondants à l'époque pour se retrouver aussitôt avec un vocabulaire ou un autre style bien plus moderne. Ca surprend beaucoup au début mais une fois compris on continue avec plaisir. C'est qu'il a de l'humour ! Et celà ne s'arrête pas là. La description minutieuse qu'il fait de ses personnages et des situations apporte la seconde couche d'humour. Il n'hésite pas d'ailleurs à ridiculiser certains de ses personnages.

 

De tous ces personnages il y a bien sur le favori, un héro en quelques sortes. Pellegrino Artusi qui arrive pour rendre visite au baron et passer quelques jours dans son domaine. [Peut-être que comme moi ce nom ne vous dira pas grand chose mais il s'agit d'un réel auteur culinaire dont beaucoup de chefs italiens, et peut-être d'autres aussi, se référent]. Il fait beaucoup jazzer car voyez vous cet homme à écrit un livre de cuisine au grand dam de certains membres de la famille du baron. Le fils trouve méprisable d'écrire sur ce sujet, lui qui pensait accueillir un écrivain bien plus à sa hauteur. Les femmes elles sont sidérées qu'un homme puisse s'intéresser d'une telle chose. Un personnage débonnaire, qui ne rate pas une occasion pour s'instruire sur les plats qu'on lui confectionne. Il a un regard assez aiguisé sur les membres de la famille et arrive tant bien que mal à se faire une petite place.

 

Un autre invité est également présent, un photographe qui a été demandé par le baron pour lui réaliser quelques clichés. Le lendemain de l'arrivée de ces deux invités, le corps du valet du baron est découvert. Rapidement on découvre qu'il s'agit d'un meurtre et l'on pense que la personne visée par l'assassin était plutôt le baron. Hypothèse qui se confirme lorsqu'Agatina la femme de chambre est surprise avec une carabine après lui avoir tiré dessus. Mais l'enquête ne s'arrête pas là.

 

Autre chose que j'ai apprécié dans le livre ce sont les liens qui se sont noués entre les personnages, les descriptions d'une époque qui laisse la place à une autre, et puis évidement celles d'une cuisine qui fait faire des gargouillis pendant la lecture.

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 04:00

 

Accabadora  Accabadora de Michela Murgia

 Editions Seuil

 Traduit de l'italien par Nathalie Bauer

 

 

 

 Livre lu dans le cadre du challenge Il Viaggio organisé par Nathalie du blog Marck et Marcel

Challenge il viaggio

 

 

 

 

 

 

 

Un livre que j'ai emprunté à la bibliothèque un peu par hasard en recherchant une lecture pour le challenge de lecture italienne. J'en avez donc saisi un peu l'essentiel sans que tout soit révélé.

 

L'histoire se passe dans les années 50 en Sardaigne dont l'auteur est originaire. Il en ressort d'ailleurs dans le livre beaucoup de l'atmosphère de cette région ; les qu'en dira-t-on ?, la fierté et la réputation à entretenir de chaque famille, les conflits entretenus entre chacune d'elle, leur attachement à leur lopin de terre, leur relation avec la mort, les pleureuses. L'ambiance est parfois austère mais il se dégage aussi beaucoup d'humanité et les deux personnages principaux m'ont semblé apporter un trait d'union entre tradition et modernité.

 

Maria est une enfant née par erreur dans une famille peu aisée qui a déjà trois filles. Sa mère la laisse volontiers à Tzia Bonaria une veuve d'un certain âge, couturière de métier et connue des environs. Le statut de Maria est "fillus de anima" qui est l'appellation pour les enfants doublement engendrés de la pauvreté d'une femme et de la stérilité d'une autre.

 

Maria ne se plaint pas de son sort. Elle bénéficie auprès de Tzia de l'affection, d'une place à part entière, chose qu'elle n'avait pas connue dans sa propre famille qu'elle a l'occasion de retrouver de temps en temps, sans forcèment grand plaisir. Au début de l'adoption de Maria les médisances vont bon train pour s'atténuer au fur et à mesure. Une complicité naît entre Tzia et sa fille adoptive et la vie suit son court au rythme des querelles du village, des mariages, des amitiés, des amours, des morts.

 

Une chose pourtant intrigue Maria sans qu'elle arrive à en trouver la solution. Sa mère adoptive s'absente quelques fois la nuit pour revenir au petit matin. Et ceci sous une apparence mystérieuse.

 

Toute cette histoire est racontée avec beaucoup de délicatesse et sans aucun parti pris. Il y a d'une part la situation de Maria qui semble convenir à tout le monde et où chacun y trouve son compte. La vie du village où finalement peu de choses s'y passe et où tout événement si petit soit-il prend beaucoup d'importance. Et puis bien entendu ce mystérieux rôle de Tzia, d'où le titre du livre, que tout le monde connaît hormis Maria qui le découvrira un jour accidentellement. Les familles font appelle à Tzia lorsque chez elles il n'y a plus rien à faire pour un mourant qui ne fait que souffrir. Cependant, Tzia est très sérieuse sur le sujet, rejetant les demandes qui semblent plutôt vouloir faire accélérer les choses plutôt que de les arranger.

Maria aura comme réaction celle de rejeter cette façon d'agir. Elle choisira d'ailleurs de fuir pour revenir finalement auprès de sa mère adoptive lorsque cette dernière est elle-même mourante.

 

J'ai apprécié cette façon très subtile et apportant à peu près toutes sortes de situations différentes sans forcement donner ou demander une réponse nette sur un sujet aussi délicat.

 

 

 

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 04:00

Une-enfance-a-Florence.jpg Une enfance à Florence de Guido Nobili

Editions Philippe Picquier

126 pages

Traduit de l'italien par Emmanuelle Genevois

 

 

 

Lu dans le cadre du Challenge Il Vaggio organisé par Nathalie du blog  Marck et MarcelChallenge il viaggio

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors qu'il est question de l'Unité Italienne en 1860, Miccio alors âgé de neuf ans nous livre son quotidien. Le narrateur qui est maintenant devenu adulte nous donne une vision d'une éducation bien révolue. Loin de s'en plaindre car pour lui la punition corporelle lui semble être une bonne méthode pour maintenir un enfant dans le droit chemin. Mais il ne s'agit pas là d'une histoire d'un enfant maltraité. Bien au contraire, Miccio pour qui la loi des adulte règne ne se prive pas pour autant de la contournée, voire de la mettre à mal. Il faut dire que la place de la religion, de l'étranger, des enfants l'interpelle quelques fois et ne cesse de questionner son entourage qui a parfois à lui donner une réponse bien précise.

Miccio est un enfant bien vivant, futé et n'hésitant pas à braver les interdits. Il va aussi connaître son premier sentiment amoureux, lui qui jusque là ne trouvait rien d'intéressant chez les filles.

 

Une lecture que j'ai trouvé très fraîche racontée par un adulte qui ne trahie pourtant pas l'enfant qu'il a été.


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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 04:00

Sans-sang.jpg Sans sang - Alessandro Baricco

Editions Folio

121 pages

Traduit de l'italien par Françoise Brun

 

 

Livre lu dans le cadre du challenge Il Viaggio organisé par Nathalie du blog Marck et Marcel

Challenge il viaggio

 

 

 

 

 

 

 

Avant de pouvoir exprimer quoi que ce soit de ce livre un moment de décantation me semblait indispensable. Vite lu en raison du nombre de pages assez réduit, je me suis bien demandée ce que je pouvais retenir de cette histoire. L'histoire en elle-même passe vite, très vite.Conçue en deux parties je considère même qu'elle est composée de deux scènes principales.

 

Une lecture particulière mais particulière bonne car plus que l'histoire c'est le style qui m'a beaucoup impressionné. L'auteur avec le peu de détails qu'il donne arrive à faire ressentir l'atmosphère qui colle très bien au déroulement et à faire deviner le fond de l'histoire.

 

Cette histoire parle de la guerre, des comportements humains qui en ressortent, de vengeance et de tout ce qui en découle.

 

Dans la première partie, un règlement de compte assez violent se déroule dans une ferme isolée où un homme demeure avec son fils et sa fille. De cette épisode il ne restera que peu de survivants à plus ou moins long terme.

 

Dans la deuxième partie qui se déroule plusieurs années après, ceux qui restent en vie traîne cette histoire péniblement et semble rechercher à s'en délivrer. Mais chacun a sa propre vérité et il n'est pas toujours facile de se comprendre.

 


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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 04:00

Je n'ai pas peur

 Je n'ai pas peur

 de Niccolo Ammaniti

 Editions Le livre de Poche

 251 pages

 

 

 Livre lu dans le cadre du challenge Il Viaggio organisé par Nathalie du blog Marck et Marcel

Challenge il viaggio

 

 

 

 

 

 

 

 Lorsque j'ai lu la quatrième de couverture j'ai mal interprèté ce qu'elle présentait. M'attendant à un thriller d'une autre sorte je fus tout d'abord surprise en découvrant l'histoire.

Non pas que j'en suis déçue, bien au contraire.

L'histoire est basée sur des faits réels concernant les activités des Brigades Rouges durant les années 1970.

Elle se déroule à Aqua Travers, un petit hameau isolé dans le sud de l'Italie à la fin de l'été.

 

Le narrateur est Michele, un jeune garçon qui passe ses derniers jours de vacances avec les autres enfants à jouer dans la nature environnante. Cet enfant va alors vivre un événement qui va le confronter avec le monde des adultes et en même temps l'y précipiter par le choix qu'il fera.

 

La confrontation sera d'autant plus dure qu'il devra agir à l'encontre de ses parents qu'il aime tant et estime beaucoup.

 

Pour en savoir plus :

 

Lors d'une balade, le petit groupe d'enfants se trouve un peu plus éloigné que d'habitude. Ils vont alors découvrir une ruine d'une maison où seul Michel va y trouver un enfant vivant emprisonné dans un trou et caché à la vue de tous.

Dans ce début de première partie on profite des descriptions du paysage rempli d'une nature luxuriante qui fait de ce petit coin reculé un lieu de tranquillité même si pour certain cet éloignement leur pèse un peu.

A partir de cette découverte, une ambiance plus lourde succède à l'ambiance plus enfantine du début.

 

Surpris tout d'abord, puis mis dans l'impossibilité d'en parler à son père de passage à la maison, Michele décide alors de ne pas parler de son secret.

A la maison, sa mère semble arrassée par son rôle de mère au foyer. Son père, chauffeur de camion n'est pas souvent à la maison. Lors de ses passages, son autorité fait poids bien qu'il souhaite avant tout profiter de ses enfants. On sent dans cette maison un lien assez fort unir la famille.

 

Michele, bien qu'impressionné par sa découverte cède à la curiosité de retourner voir cet enfant. Il est bien intriguer par sa découverte et souhaite en savoir davantage. De plus, à son âge, son imagination débordante le laisse envisager toutes sortes d'idées comme notamment la présence de personnages surréalistes ou bien même l'éventualité que cet enfant soit le fils caché de son propre père. Malgré la demande de ses parents de ne pas s'absenter trop longtemps, il retrouve l'enfant à chaque fois que la situation le permet pour en découvrir davantage et tenter  de lui venir en aide.

 

En même temps, quand il est couché le soir, des discutions très animées voire violentes de la part des adultes du hameau l'intrigue. Et puis un mystérieux et important personnage arrive à la maison ce qui intensifie davantage la lourde atmosphère. Il semble y faire régner son autorité sur chacun et même sur le père de Michele qui semble très résigné.

 

Michele découvre que ses parents tant aimé sont impliqués dans l'enlèvement de Fillipo cet enfant caché et dont la situation ne semble émouvoir personne.

Michele fait alors le choix de transgresser à l'autorité de chacun et fait tout son possible pour venir en aide à Filippo. Parallèlement dans le cercle des adultes rien ne semble plus bien allé.

 

L'atmosphère lourde de cette histoire monte crescendo jusqu'à la fin. On apprend peu sur les faits réels car il s'agit de la retranscription par un enfant qui est bien isolé par différents aspects.

On apprécie en tout cas la dignité de Michele dans un univers d'adultes lors d'un évènement tragique.

 

 

L'histoire a été adapté à l'écran en 2005 sous le titre L'année où j'ai grandi. Le film a l'air sublime.



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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 04:00

Rien.jpg Rien, plus rien au monde de Massimo Carlotto

Roman noir

Editions Métalié

62 pages

 

 

 

 

 

 

C'est l'histoire d'un drame familial que seul le mot Noir sur la couverture et éventuellement le titre nous présage une lecture pas forcement drôle. Et pourtant, cette femme, mère de famille nous fait bien sourire au début. Une femme dont la vie ne semble pas avoir épargnée. Elle est la seule à s'exprimer dans un monologue qui prend au fur et à mesure un ton de plus en plus prenant.

On comprend bien rapidement que cette femme est pauvre du porte monnaie, issue d'un milieu peu favorisé, le manque d'argent semble être pour elle le problème centrale de toute sa vie. Tout y est rattaché, de l'alimentaire, en passant par la santé, jusqu'au relation intime avec son mari.


 

Sa fille sur laquelle elle projette tous ses espoirs de réussite dans la vie la déçoit et réduit ses sacrifices (financiers) à rien. C'est d'ailleurs quand elle explique les relations qu'elle a avec elle ainsi qu'avec son mari quelque chose semble clocher. Elle est pauvre du porte monnaie mais aussi du coeur et d'esprit. Cette femme ne vit qu'à travers les façades du paraître que son univers bien réduit lui propose.

Seul le journal intime de sa fille viendra en contrepoids de ses dires, malheureusement trop tard et sans laisser apparaître qu'elle puisse profiter de cette occasion pour une remise en question.


 

Une lecture qui donne une approche du personnage en facette dont l'histoire est effectivement bien noire. J'ai beaucoup apprécié la façon dont l'auteur a construit l'histoire. Un auteur que j'aurai plaisir à lire (je l'espère) avec un autre titre.

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 06:00

Si c'est un homme Si c'est un homme de Primo Levi

Editions Pocket

185 pages

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Quatrième de couverture :

 

"On est volontiers persuadé d'avoir lu beaucoup de choses à propos de l'holocauste, on est convaincu d'en savoir au moins autant. Et, convenons-en avec une sincérité égale au sentiment de la honte, quelquefois, devant l'accumulation, on a envie de crier grâce. C'est que l'on n'a pas encore entendu Levi analyser la nature complexe de l'état du malheur.

Peu l'ont prouvé aussi bien que Levi, qui a l'air de nous retenir par les basques au bord du menaçant oubli : si la littérature n'est pas écrite pour rappeler les morts aux vivants, elle n'est que futilité" (Angelo Rinaldi).

 

 

A moi la parole :

 

A la lecture de ce livre qui m'avait été fortement conseillée je fus tout d'abord surprise dès la première phrase de la préface rédigée par l'auteur qu'il considérait "avoir eu la chance de n'être déporté à Auschwitz qu'en 1944". Pouvoir trouver les mots chance et Auschwits avec tout ce que ça évoque pour ce dernier mot m'a paru assez invraisemblable. Cela m'a permis du coup à me donner le ton de ce livre avec un titre qui correspond si bien à cette histoire.

 

Le ton est également donné du fait que l'auteur avait commencé à écrire cette histoire vers la fin de sa détention et où ressort la souffrance  de l'auteur de ce qu'il vient de vivre et où il révèle "j'écris ce que je ne pourrait dire à personne". On ressent bien d'ailleurs l'importance que Primo Levi veut donner à l'humain (l'homme, la femme et aussi les enfants) et que détruire ce qui fait de nous des humains ne nous permet plus que de survivre et encore. Dans cette histoire on ressent le combat livré pour rester un humain même par des gestes qui semblent n'être plus nécessaires dans des conditions de vie plus que difficiles.

 

Ce que j'ai trouvé de différent avec ce livre vis-à-vis du sujet est qu'au-delà des sévices infligés par les nazis, l'instinct de survie qui se développe chez certains détenus leur font adopter des attitudes les uns vers les autres aussi cruelles parfois. Et pour cela tout est permis : la triche, la coopération autant avec les nazis qu'entre détenus, la soumission, le vol, l'indifférence et rarement la chance. Ceux qui n'ont pas compris ça sont condamnés à morts rapidement.

Le chapître où il nous livre une étude sociologique et biologique de la vie au Lager est assez saisissante.

 

J'ai apprécié la justesse des pensées de l'auteur qui nous parle là du comportement humain dans des conditions peu ordinaires en les comparant quelques fois à la vraie vie. Un témoignage d'une grande valeur par des révélations sans détour ni apitoiement.

 

A la fin du livre se trouve un appendice qui apporte un bon complément au livre, puisqu'il livre sous forme de réponses aux questions posées par des élèves que l'auteur a rencontré, le ressenti de ce dernier bien des années après sur cette période tragique. Il n'en ressort pas de haine mais pas de pardon non plus mais plutôt de l'espoir.

 


Citations :


" C'est justement parce que le Lager est un monstrueuse machine à fabriquer des bêtes, que nous ne devons pas devenir des bêtes ; puisque même ici il est possible de survivre, nous devons vouloir survivre, pour raconter, pour témoigner ; et pour vivre, il est important de sauver au moins l'ossature, la charpente, la forme de la civilisation. Nous sommes des esclaves, certes, privés de tout droit, en butte à toutes les humiliations, voués à une mort presque certaine, mais il nous reste encore une ressource et nous devons la défendre avec acharnement parce que c'est la dernière : refuser notre consentement. Aussi est-ce pour nous un devoir envers nous-mêmes que de nous laver le visage sans savon, dans de l'eau sale, et de nous essuyer avec notre veste. Un devoir, de cirer nos souliers, non certes parce que c'est écrit dans le règlement, mais par dignité et par propriété. Un devoir enfin de nous tenir droits et de ne pas traîner nos sabots, non pas pour rendre hommage à la discipline prussienne, mais pour rester vivants, pour ne pas commencer à mourir.

 


 

 

Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c'est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui ou pour un non.
Considérez si c'est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu'à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N'oubliez pas que cela fut,
Non, ne l'oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre cœur,
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfants,
Ou que votre maison s'écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.



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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 19:56

compagnon de voyage Edition de La Table Ronde

106 pages

 

Quatrième de couverture :

 

Fable pudique, baroque et pleine d'humanité, Le compagnon de voyage,a pour cadre l'Italie de 1943. Après le renversement de Mussolini et le chaos que provoque la signature de l'armistie, les hommes de troupe, désormais sans ordre et sans chefs, décident de rentrer chez eux. Au milieu de cette débandade, Calusia, un soldat bergamasque, entamme la lente remontée de la Péninsule jusqu'à Naples. Il s'est juré de rendre à sa famille la dépouille de son lieutenant, mort en Calabre lors des ultimes combats désespérés et vains contre le débarquement allié. Cet honnête paysan, fier de ses origines, traverse l'Italie en compagnie de l'âne Roméo et d'une jeune fille qu'il a prise sous sa protection. A travers ses rencontres se dessine un portrait tout en finesse du peuple italien, capable des pires bassesses, mais aussi plein de courage et de générosité.

 

Mes impressions :


Je suis souvent surprise au démarrage par les lectures en partenariat car elles ne ressemblent pas à celles que je lis habituellement. Le compagnon de voyage n’a pas fait exception.

 

La surprise tenait de l’écriture qui va droit au but. Elle décrit l’essentiel comme des clichés (ce terme n’a rien de péjoratif) photos pris en rafale. Pour exemple l’attaque ennemie décrite au début de l’histoire. J’avais l’impression que le Calusia notait sur un carnet tout ce qu’il voyait autour de lui. C’est d’ailleurs comme un témoignage pris sur le vif que j’ai parcouru le livre.

 

Les rencontres avec les différents personnages sont touchants et décrit nettement le désordre tel qu’il est vécu par la population et les soldats. Le charisme de Calusia m’a beaucoup plu. Il m’a parfois fais sourire mais je reste persuadé que ce n’était pas l’intention première de l’auteur.

 

Quant à la fin elle m’a donné un sentiment d’espoir, de consolation en voyant Calusia et Mariaguilia se remettre en route ensemble.

 

Une lecture qui m’a beaucoup touchée.

 

Je remercie les éditions La Table Ronde ainsi que le forum Partage Lecture de m'avoir permis cette belle découverte.

 

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