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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 17:54
Luz ou le temps sauvage - Elsa Osorio
Luz ou le temps sauvage - Elsa Osorio

Luz ou le temps sauvage d'Elsa Osorio
Editions Métaillé 2000 (1998)
352 pages
Roman argentin
Traduit de l'espagnol (Argentine) par François Gaudry

 

 

Ca commence par un rendez-vous dans un café à Madrid entre Luz, jeune maman et Carlos, un homme qu'elle n'a jamais rencontré. C'est une rencontre qui semble très importante pour Luz où l'on sent beaucoup de nervorsité, d'impatience et d'émotion.

On arrive à vite comprendre que Carlos est son père et Luz est là pour lui expliquer tout le chemin parcouru pour le rencontrer. Cette scène se déroule en 1998 et l'on va remonter jusqu'au temps de la dictature Argentine où les surbversifs étaient torturés, éliminés et les enfants de ceux-ci enlevés pour être confiés aux personnes du régime en place.

Luz est une de ces enfants. Elle l'a longtemps ignoré mais lorsqu'elle apprend la vérité elle n'aura qu'une idée en tête, retrouver son père. Elle évoquera souvent dans son récit Liliana, le grand amour de Carlos et Myriam, celle qui a permis de remonter le fil. Et puis bien sur toute l'enfance de Luz y est également racontée dans sa famille d'adoption, dont le grand-père est un personnage très impliqué dans le régime de la dictature. Une page d'histoire non négligeable très bien cernée aussi.

Un récit merveilleusement bien raconté qui tout en dévoillant au fur et mesure les évènements nous laisse toujours une grande part de mystère à découvrir. Les personnages sont très attachants et c'est bien souvent que j'ai eu la gorge serrée. Autre point que j'ai apprécié, c'est tout l'espoir et l'optimisme qui ressort malgrè une histoire pourtant assez sombre.

Vous l'aurez compris, c'est un énorme coup de coeur.

 

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 07:50
Le bleu des abeilles - Laura Alcoba

Le bleu des abeilles de Laura Alcoba
Editions Gallimard 2013
120 pages
Roman argentin

 

 

D'après ses souvenirs l'auteur raconte sa découverte de la France et de la langue française. Elle commence à prendre des cours de français à La Plata, en Argentine en attendant de rejoindre sa mère déjà installer à Paris. Son père quant à lui est en prison. C'est l'époque de la dictature, ses parents s'y sont opposés. En attendant donc son départ Laura vit chez ses grands-parents et s'entraîne à parler cette langue qu'elle a beaucoup de mal à prononcer.

Quand elle finit par partir, elle est bien déçue de ne pas se retrouver exactement à Paris mais plutôt au Blanc-Mesnil dans la banlieue.  Elle y découvre les saisons à l'envers, la décoration à la mode, l'école et se fait quelques amis. Elle correspond avec son père par de longues lettres.

Je garde sur cette lecture un avis mitigé. Même si j'entends que l'auteur a voulu donné au roman l'esprit d'une enfant de 11 ans, j'ai trouvé l'écriture parfois ennuyeuse à tourner en rond.

Par contre ses impressions sur son exil mais aussi sur son apprentissage de la langue française ne sont pas inintéressantes. Sur l'exil j'y ai trouvé de la pudeur et bien sur une certaine innocence justifiée par son âge. On y ressent toutefois un certain désarrois face aux autres mais aussi une envie très forte de s'intégrer dans sa nouvelle vie. Depuis ses efforts à prononcer des e muets, des u, puis dissimuler son accent jusqu'à réussir à parler français sans y réfléchir, illustrer par des scènes où elle se trouve plonger dans la culture française.

 

Un roman sans grande prétention mais qui n'est pas inintéressant sur le sujet de l'exil.

 

"De l'autre côté de la table, chaque fois qu'on en venait au reblochon, Eduardo me regardait avant de planter ses dents dans la pâte crémeuse. C'était comme si nous nous prenions par la main - nous en avions besoin pour sauter par-dessus la haie odorante. L'un en face de l'autre, nous nous encouragions du regards avant de dire au fromage : oui, nous sommes prêts, nous somme là, avec toi. Nous arrivions à ce point de plus en plus vite au fil des jours, avec de plus en plus d'entrain aussi : c'est que derrière l'odeur, la matière n'a rien à voir, après la senteur âpre qui saisit le nez, le goût dit autre chose. Reblochon avec son e presque éteint dans la première syllabe et la finale qui vient se placer pile poil sous le nez, le nom de ce fromage est parfait."

 

 


 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 21:18
Le secret de Joe Gould - Joseph Mitchell

Le secret de Joe Gould de Joseph Mitchell
Editions autrement 2013 (1942 & 1964)
186 pages
Roman
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Sabine Porte

 

 

 

Joe Gould a réellement existé. Fils d'une famille de médecins, diplômé de Harvard, cet homme vivait pourtant en marginal dans New-York, sans abri, se refusant de possèder quoi que ce soit. Un de ces passe temps est d'écrire Une histoire orale qui rassemblerai tout ce que les gens ordinaire raconte dans le Village, bien plus important à son avis que l'histoire officielle.

Joseph Mitchell, qui était journaliste à cette époque l'a rencontré et à chercher à en savoir un peu plus sur lui et sur son oeuvre. Mais il va finalement se rendre compte que cette oeuvre n'existe pas mais aussi et surtout qu'il existe beaucoup de similitude entre eux et leur difficulté à écrire.

Et finalement un livre qui m'a plutôt désenchanté. Tout est centré sur ce personnage, assez atypique mais dont on revient toujours aux mêmes choses. Ses difficultés pour manger, se loger, boire, son caractère qui n'en fait pas toujours une personne facile à cotoyer, son histoire orale qui tourne toujours autour des même chapître. Et même si l'on aperçoit à un moment un parallèle entre l'auteur et son personnage, c'est déjà trop tard, j'ai déjà décroché. Et puis finalement c'est la seule chose qui sort de cette histoire à tourner en rond.

J'ai trouvé cette histoire laçante. Mais peut-être suis-je passée à côté de quelque chose.

Un film en a été adapté au cinéma en 2000
 

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 05:44
La recette magique de tante Palma - Francisco Azevedo
La recette magique de tante Palma - Francisco Azevedo

La recette magique de tante Palma
Editions autrement 2014
422 pages

Roman
Traduit du portugais (Brésil) par Daniel Matias

Masse Critique Babélio





 

 

Antonio, le narrateur âgé de 88 ans nous livre ses souvenirs de famille. Une famille comme beaucoup d'autres avec ses peines, ses joies, ses jalousies, ses ponts coupés et reconstruits, ses problèmes, ses mariages et tout ce que chacun peut transmettre aux autres et notamment aux plus jeunes. Mais ce qui en fait l'originalité de cette famille est le riz béni qui a été offert en cadeau de mariage au parent d'Antonio par la tante Palma, omniprésente dans la famille. Un riz qui a le don d'apporter le bonheur et la fertilité.

Pour Antonio, la famille est un plat difficile à préparer, un plat qui émeut, qui doit être servi toujours chaud, qui s'invente, ne se répète plus jamais. Une entrée en matière qui m'a plutôt bluffée tant les similitudes avec une vrai recette de cuisine sont aussi justes.

"La famille est un plat difficile à préparer. Il y a beaucoup d'ingrédients. Les réunir tous est un problème - surtout à Noël et au nouvel an. Peu importe la marmite, concocter une famille exige courage, dévotion et patience."

"Très vite, vous aussi vous sentirez bon l'ail et l'oignon. N'ayez pas honte si vous pleurez. La famille est un plat qui émeut. De joie, de rage ou de tristesse."

"Attention également aux dosages. Une pincée de trop de ceci ou de cela et ça y est, c'est le désastre. La famille est un plat extrêmement sensible. Tout doit être extrèmement bien pesé, bien mesuré. Autre chose : il faut avoir la main heureuse, se montrer expert. Surtout au moment où l'on décide de mettre son grain de sel. Savoir mettre son grain de sel est tout un art. Une de mes grandes amies a raté la recette familiale uniquement parce qu'elle a mis son grain de sel au mauvais moment".

Antonio est d'origine portugaise mais ses parents se sont exilés au Brésil au tout début du XXe siècle juste après leur mariage dans l'espoir d'une vie meilleure. La tante Palma est du voyage et sera la tante qui sert de liant dans la famille, un personnage souvent principal. Elle saura aussi proposer le riz à certains moments importants afin que la famille obtienne le bonheur et la fertilité qu'il est censer apporter. Antonio sera l'héritier de ce riz dont tante Palma lui assure qu'il saura l'utiliser comme il se doit au bon moment.

L'histoire qui se déroule sur une centaine d'années livre beaucoup d'anectodes avec des personnages très attachants. Sans rentrer dans les détails tout ce qu'une famille est susceptible de vivre s'y trouve. Antonio semble avoir su utiliser de bons ingrédients et le bon dosage.

Un vrai régal de lecture qui laisse un grand vide une fois finie.

Je la recommande vivement.

 

L'avis d'Hélène

 

 


 

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 14:07
Swamplandia - Karen Russel

Swamplandia de Karen Russel
Editions Albin Michel - 2012 (2011)
460 pages
Roman
Traduit de l'américain par Valérie Malfoy
Festival América 2012

 

 

 

 

Alors là bluffée je suis. Autant de choses racontées dans 460 pages, une histoire dense, même très dense, un point de départ qui m'avait bien accroché pour finalement se retrouver à la fin et se dire : Tout ça pour ça ?

Quel dommage alors que l'auteur semble douée pour livrée une histoire où chaque page est remplie de mille détails, de sensations et d'enchainements comme j'en ai rarement lus. J'avais bien eu un doute à un moment ne voyant pas l'histoire évoluée à mon sens et n'arrivant pas à la palper. Le retour que j'avais eu de certains lecteurs s'est malheureusement confirmé pour moi.

Ce qui m'a gêné c'est le manque de prise dans l'histoire. Elle nous entraîne mais on n'arrive jamais vraiment à savoir où l'on va et l'on attend du coup un revirement, un effet surprise mais non, tout le long j'ai eu l'impression de marcher moi aussi dans un marécage sans réussir à m'en sortir.

 

L'histoire se situe en Floride sur une île des Everglades zone de marécages où la famille Bigtree tient un parc d'attration. Mais la mère vient de mourir laissant un mari et trois enfants adolescents ou pré adolescents. Elle était la vedette du parc en accomplissant un numéro aquatique avec des aligators. La famille est un peu perdue d'autant plus que le père appellé Chef ne sait pas vraiment comment s'y prendre pour redonner vie à son parc de plus en plus désert ni donner un équilibre et une projection vers le futur à sa famille. Et puis il y a un rival Le monde de l'obscur nouveau parc d'attraction qui vient d'ouvrir sur le continent n'arrangeant pas les affaires.

Au fur et à mesure que l'on fait connaissance avec cette famille, les personnages semblent quand même un peu déconnectés du monde. Leur vie isolée sur l'île leur fait appréhender la vie d'une façon assez originale j'ai trouvé.  L'aîné, le garçon qui se nomme Kiwi étouffe sur l'île et décide de partir. Il s'engage chez le concurent. La deuxième, Ossie, semble avec perdue un peu la tête. Elle s'intéresse à la magie noire, fait la rencontre d'un fantôme et tombe folle amoureuse. Là je dois avouer que j'ai commencer à me poser des questions sur ma lecture. C'était bizare, bizare. La dernière Ava qui a treize ans est celle qui nous accompagne puisque c'est elle la narratrice sur les passages la concernant. Elle semble prête à affronter le monde entier pour sauver le parc, reprendre la place de sa mère et attirer à nouveau du monde. Un personnage que j'ai trouvé attachant pour qui j'ai souhaité qu'elle sorte de son isolement autant au sens propre qu'au figuré.

 

Chacun des enfants va prendre un chemin différents. Ava semble se raccrocher et chercher quelques repaires pour avancer dans le musée du parc où sont exposer différents objet appartenant à sa famille qui apportent quelques brides de son histoire. Et puis il y a les souvenirs de sa mère. Ses paroles, ses principes, sa façon de faire, tout ça semble servir un peu de béquille à Ava.

Et puis d'autres personnages font leur apparition, plus au moins déjantés. On suit donc Kiwi dans ce qui semble être pour lui la découverte du monde, son milieu professionnel bien particulier, ses rencontres avec les autres jeunes de son âge qui le considére un peu comme un marginal. C'est aussi un personnage attachant qui semble en difficulté dans ce nouvel univers. Occie par contre m'a complétement échappée, dans le style j'ai pêté les plombs. J'ai eu un peu du mal à la saisir.

Bien sur il ne faut pas oublier les alligators qui tiennent une place plutôt importante. Présents partout, sans bruit, il m'ont semblé représenter une menace en permanence. A eux tout seuls j'ai trouvé qu'il contribuaient beaucoup à l'ambiance du roman. Et puis il y a aussi la chaleur, les moustiques, les marécages, l'eau, les vautours. Toutes cette faune et cette flore qui s'imposent et toujours présents. On rajoute à cela l'écriture de l'auteur qui n'arrête pas de dépeintre avec beaucoup de précisions que j'ai cru parfois m'y trouver.

 

Mais malgré cette écriture peu commune et très riche, ça n'a pas bien marché pour moi. Je n'ai pas réussi à la saisir. Autant j'ai des images très nettes des paysages autant l'histoire m'a parue insaisissable. Il y avait peut-être un message à entendre, je n'ai pas réussi.

 

 


L'avis d'Hélène

L'avis de Jérôme

Tous les deux ont été aussi déçus mais je suis prête à rajouter un avis positif.
 

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 04:00
Varamo - César Aira

Varamo de César Aira
Editions Christian Bourgeois 2005 ( 1989)
Roman
132 pages
Traduit de l'argentin par Michel Lafon

 

 

Originale histoire qui se construit sur un enchainement d'événements comme un effet domino. Au démarrage le personnage principal se voit payer son salaire par de la fausse monnaie. Il n'ose rien dire mais cet incident le tracasse et aura une répercussion de cause à effet pour le conduire finalement à écrire un poème considéré comme une oeuvre d'Amérique latine et encore étudié, lui qui n'a jamais écris quoi que ce soit.

Varamo est un employé du Ministère, sa vie semble bien banale. Il occupe son temps libre en embaumant des animaux et le soir se rend au café rencontrer des connaissances. On le suit donc dans ces réflexions pendant qu'il semble errer dans un environnement de faux semblants. Rien n'est vraiment expliqué en totalité ce qui fait du roman une lecture assez particulière. L'histoire m'a semblé se tenir entre illusion et réalité par les situations qui s'enchaînent, liées parfois de façon très ténue, l'une pouvant expliquée une autre ou apporter une réponse pas forcément recherché par Varamo.

Pas facile d'expliquer une telle lecture. Je ne suis même pas certaine qu'en en disant plus sur le déroulement de l'histoire puisque apporter un éclairage.

A lire pour une lecture originale qui sans en avoir l'air possède une certaine touche d'humour avec pourtant un personnage qui n'a pas semblé sourire une seule fois.

Extrait :
"Quand il se retrouva seul et reprit son chemin, il se demanda pourquoi il ne pouvait pas utiliser la main droite, ni en réalité toute la moitié supérieure droite de son corps. Il essaya de se concentrer, ou de se déconcentrer...Et il se rendit compte qu'il était réellement distrait. En effet, il avait gardé dans sa main droite, entre le pouce et l'index, le petit cube rouge. Il le portait à hauteur de son visage, le coude fléchi. La chaleur avait fait fondre une bonne partie du cube, dont les arêtes avaient disparu, et le jus sucré avait coulé sur sa main puis sous les manches de sa chemise et de sa veste, en filaments poisseux le long de son avant-bras. Il chercha en hâge un endroit où le jeter, mais sur la place, comme il l'avait souvent remarqué, il n'y avait pas de poubelles. Encore un manquement de l'autorité, qui l'obligeait à se remplir les poches de papiers inutiles. Pour le bonbon, cette solution était évidemment exclue, car elle aurait causé des dégâts irréparables. Il s'approcha d'un des carrés de verdure, dans l'intention de le jeter dans l'herbe, où personne n'irait marcher. Mais une meilleure solution se présenta : comme il se trouvait juste à côté d'un arbuste assez haut, il piqua le petit cube à la pointe d'une branche."

 

 

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 04:00
Patagonia Tchou-Tchou - Raul Argemi
Patagonia Tchou-Tchou - Raul Argemi

Patagonia Tchou-Tchou de Raul Argemi
Editions Rivages/Noir 2010 (2005)
260 pages
Roman Argentine

 

 

En route pour un voyage assez pittoresque dans la fameuse Trochita qui parcourt la Patagonie sur 400 km. Nous sommes là accompagné des deux héros du jour Butch Cassidy et Juan Batista Bairoletto ancien marin et ancien conducteur de métro. Leur but consiste à délivrer le frère de Butch, prisonnier, pendant son transfert.

Tout est prévu. D'ailleurs Butch est en possession du livre de son grand-père célèbre pilleur de banques qu'il consulte comme une bible. Pour cela il vont être amené à prendre en otages les voyageurs composés d'allemands antimondialistes, d'un commissaire, d'un couple de paysans, d'une indienne mapuche enceinte et aussi de l'équipage.

On ne sait pas bien d'où sortent ces deux héros, on ne connaîtra que très peu de choses de leur vie. Armés de témérité ils se lancent dans cette aventure où finalement rien ne va se passer comme prévu.

Le frère de Buch, solide gaillard semble avoir perdu son âme. Les otages quant à eux adoptent rapidement leurs ravisseurs ce qui changent radicalement les plans. L'aventure tourne parfois au burlesque et de surprise en surprise Butch et Bairoletto vont vivre avec tout l'équipage des moments aussi drôles qu'émouvants ou surprenant.

Ils seront amenés à rencontrer lors de leur périple un sénateur en campagne qui apportera lui aussi son piquant à l'histoire. Une partie de foot avec une pomme de pin mettant en rivalité l'Argentine contre le Reste du monde ainsi que des liens un peu plus intimes dans la promiscuité apporteront des moments de fraternité, de camaraderie, de tension, de tendresse et d'acrobaties.

De l'humour il y en a mais sous un air de sans vouloir le faire exprés. Il y a aussi des moments beaucoup moins drôle avec en arrière plan un certain témoignage de la société argentine emportée dans la mondialisation avec un zeste de nostalgie.

Une lecture agréable et généreuse qui vaut son pesant d'or.

 

Extrait :

"Accroché aux reords du réservoir, Genaro Manteiga se demandait s'il verrait défiler sa vie comme dans un film quand il perdrait pied et se casserait la figure sur le bas-côté. Peut-être ne la verrait-il pas dans son intégralité - à son avis ce serait d'un ennui mortel -, mais il y aurait au moins une demi-douzaine d'épisodes, depuis le jour où ses hurlements avaient concrétisé l'union enthousiaste d'un Galicien et d'une Napolitaine ue les alés de l'immigration avaient rapprochés. La casquette ien enfoncée à cause du vent, il se dit pour se consoler que, peut-être, avec du temps, il pourrait en tirer quelque chose ; il en doutait toutefois beaucoup."

"Butch Cassidy piqua un petit sprint, croisa la trajectoire de Pascualini et remporta la pomme de pin. Ensuite il essaya une passe vers l'Allemand le plus près de lui, mais elle aboutit n'importe où, parce que la balle improvisée avait ses propres idées sur la question."


 

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 04:00
L'autobus - Eugénia Almeida

L'autobus d'Eugenia Almeida
Editions Metailié - 2007 (2005)
124 pages
Roman argentin

 

Un roman qui l'air de rien nous fait le témoignage de la mise en place de la dictature en Argentine. Par l'écriture l'auteur semble vouloir faire passer le message sans donner les mots exacts mais plutôt par image et par le comportement des personnages face à des événements inhabituels dans leur petite ville où tout le monde se connait.

C'est tout d'abord un autobus qui fait halte tous les jours dans cette petite ville mais qui pendant quelques jours ne fera que passer sans s'arrêter. Et puis il y a la barrière du chemin de fer restée baissée sans qu'aucune information ne soit donnée.

Le comportement humain étant ce qu'il est, les gens sont curieux ; ils vont même jusqu'à faire le déplacement jusqu'à l'arrêt du bus pour le voir passer, mais personne ne se pose de question ou si peu. Il en est de même pour les ordres donnés au commissaires qui les appliquent en évitant surtout de contrarier ses supérieurs.

L'orage gronde sans éclater ça préoccupe mais n'inquiète pas plus que ça. La population semble même ravie de certaines mesures  prises vis à vis d'individus qui ne suivent pas la bonne conduite. Ceux dont les moeurs dérangent.

Ponce est avocat installé depuis quelques temps dans cette ville mais pas du bon côté. La ville est coupée en deux par la voie ferrée. Ponce n'a pas choisi aux yeux des autres le bon côté. Il s'énerve car même sa position de notable ne lui permet pas d'intervenir pour faire arrêter le bus afin que sa soeur puisse partir.

Il y a aussi cet agent commercial accompagné d'une jeune fille, tous deux inconnus des environs qui décident finalement de partir à pieds.

Il y a bien des gens qui s'interrogent ou qui en savent peut-être un peu plus mais tout semblent s'amplifier sans qu'il y ait possibilité d'arrêter quoi que ce soit.

Le style d'écriture  cinématographique en a fait une lecture particulière qui est loin de m'avoir déplu. Les scènes se suivent mais l'on comprend très vite le déroulement.

Je recommande.

 

Extraits :

"Tout le monde sait qui vole qui, qui déteste qui, qui trompe qui. La nuit tombée, le commissaire sort faire un tour le long des maisons importantes : celle de la veuve Juarez, celle des Orellano, celle de Guzman, celle des Fuentes, celle du docteur Vieytes. Parfois on entend un coup de fusil, un soupir sec et bref, le bruit d'un corps qui tombe. Mais c'est toujours de l'autre côté des voies. Et c'est toujours un coup de feu en l'air, un coup de couteau qui rate sa cible, un ivrogne qui ne peut pas rentrer chez lui. Le commissaire sait pourquoi lui aussi vit de l'autre côté. Et il sait qu'il y a d'autres règles : de ce côté des voies l'hôtel, le club, la pharmacie, le salon de coiffure, les familles des notables, le commissariat. De l'autre côté, les maisons basses, aucune rue goudronnée, des commerces pauvres qui menacent de ne plus vendre de vin si les notes ne sont pas payées, des soupirs, des robes à fleurs, des enfants avec plus d'un père, le poignard, le fusil. Sans commissariat."

 

"Excusez-moi. Mon travail n'est pas simple. Moi aussi, je dois obéir sans poser de questions. Vous en êtes conscient ? Moi, on m'envoie un ordre et je le fais exécuter. Et si je ne comprends pas, cela ne fait rien. En plus, mes supérieurs ne sont pas ici, ils ne savent pas comment est la situation ici. Je connais tous les habitants du village. Je connais les parents, les frères et soeurs. A Cordoba, ils attrapent un type, le mettent en prison et ne savent même pas comment il s'appelle."

 

"Mais à dire vrai, Gomez, et que cela reste entre nous, je ne sais pas très bien de quoi je dois les tenir informés. Il faut être sur ses gardes, il ne faut pas laisser l'ennemi se renforcer... Quel ennemi ? Moi, ici, je connais tout le monde... je ne sais pas... Et en plus, prévenir qui ? Là aussi, c'est un sac de noeuds. Je me retrouve d'un coup avec tellement de supérieurs que je ne sais plus comment fonctionne la chaîne de commandement. Et avec cette histoire de gouvernement militaire... je ne sais plus... je ne sais plus si je dois obéir à ma hiérarchie, ou à un militaire moins gradé..."


 

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 01:00

 

L'herbe verte, l'eau vive

L'herbe verte, l'eau vive de Thomas King
Editions Albin Michel Terres d'Amérique 2005 (1993)

137 pages
Traduit de l'anglais par Hugues Leroy
Rencontre de l'auteur au Festival America en 2012
Roman

 

Il y a au départ différents personnages. Alberta et ses deux amants, son souhait d'avoir un enfant mais sans mariage. Charlie, avocat, très fier de sa réussite sociale et qui ne loupe pas l'occasion pour le rappeler à son entourage. Lionel, plutôt réservé ne sachant pas toujours comment s'y prendre, vendeur de télévisions. Latisha la soeur de Lionel qui tient le Dead Dog Café où se retrouvent des cars de touristes curieux d'y manger du chien à toutes les sauces. Et puis Eli leur oncle installé près d'un barrage pour combattre à sa façon la mise en route de ce dernier.

Leur vie vont s'entrecroiser en y rajoutant au fur et à mesure d'autres personnages, qu'ils fassent partis du présent ou bien de leur passé. Mais les plus surprenant seront quatre vieux Indiens (d'Amérique) sortis on ne sait d'où et apportant à cette histoire une tournure de conte. S'y rajoute l'histoire commune des personnages principaux puisqu'ils sont d'origine indienne. Mais cette histoire avec les traditions ne semble pas toujours être leur point de repère.

Bien que la fin m'ait laissée un peu perplexe j'ai beaucoup apprécié l'écriture de Thomas King, sa façon de nous transporter où il le veut. Et malgré la confusion de toutes les histoires, le côté abstrait des quatre indiens, l'auteur semble très bien savoir où il va.

 

 

 

 

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 19:29

Homer & Langley d'E. L. Doctorow
Editions Actes Sud
229 pages

Roman
Traduit de l'américain de Christine Le Boeuf

 

L'histoire se situe principalement dans la première moitié du 20ème siècle, à New-York et plus précisément dans une maison de la Ve avenue, celle des frères Collyer. Basée sur une histoire vraie,  il y a de quoi retirer tous les complexes des plus désordonnés. . Il est même possible qu'au fil des pages une sensation de gêne respiratoire et de claustrophobie s'empare de vous.

L'auteur y a mêlé une période de l'histoire des Etats-Unis, en choisissant de faire un léger déplacement dans le temps. Les deux personnages vont donc vivre  la première guerre mondiale, la guerre du vietnam, la prohibition, le mouvement hippies entre autres.

Le narrateur c'est Homer, le plus jeune des frères devenu aveugle à l'adolescence. Issus d'une famille bourgeoise, les deux frères ont eu une jeunesse normale auprès de leur parents, leurs amis, leurs domestiques. Puis ce fut la première guerre mondiale où Langley  parti pour en revenir gazé. Entretemps les parents meurent de la grippe espagnole.

Vivants de leur fortune, aucun des frères ne semble vouloir travailler. Homer est passionné par son piano et Langley se livre à la collection des journaux avec comme projet, je cite, une description définitive de la vie américaine en une édition unique, d'une actualité éternelle.

Leur attitude et leur vie décalée va entraîner un constant mécontentement dans leur entourage, leur voisinage, jusqu'au médias, avocats... Les entrainant dans des conflits.

Se retrouvant seuls dans cette grande maison de quatre étages, les frères mènent alors une existence toute à la fois recluse et une relation assez particulière avec le monde extérieur part de l'histoire dont il m'est un peu difficile à définir car ces deux frères m'ont paru assez coupé du monde et en même temps plongé dans différents événements historiques, croisant des gens de toutes sortes de façon assez épisodiques. Malgré ce comportement assez déroutant, ils vont partager leur existence avec différents personnages de tous horizons, qu'ils croiseront au fil du temps et auxquels ils s'attacheront  ou tout du moins démontreront leur  sensibilité.

Homer nous livre par tranche de vie avec sa sensibilité leur histoire assez incroyable.  Deux personnages qui surprennent que l'on trouve attachants ou que l'on rejette.

 

 

 

 

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Published by Loo - dans Roman New-York
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